Pleine Lune du 7 octobre 2025 : se libérer de l'emprise
- Heather Louise

- 6 oct.
- 14 min de lecture
Alors que nous assistons aux horreurs qui se déroulent à Gaza, une question émerge avec une urgence particulière : comment se libérer de l'emprise ? Qu'il s'agisse de l'oppression géopolitique d'un peuple ou de l'emprise psychologique d'un pervers narcissique, les mécanismes sont troublants de similarité. Le déni de la réalité de l'autre. L'inversion des rôles où la victime devient l'agresseur. L'isolation. Le gaslighting qui fait douter la victime de sa propre perception. Le maintien du pouvoir par la domination, qu'elle soit militaire ou psychologique.

Cette Pleine Lune en Bélier arrive comme un miroir cosmique de ces dynamiques, nous forçant à voir ce que nous préférerions ignorer - tant dans le monde qu'en nous-mêmes. Elle pose une question qui résonne à tous les niveaux de l'existence : comment briser les cycles de violence et d'emprise ? Comment reconnaître quand nous sommes complices de notre propre diminution ? Et surtout, comment trouver le courage de partir, de résister, de refuser de continuer à jouer le jeu ?
Avec le Soleil en Balance opposé à la Lune en Bélier, nous sommes placés face à une tension fondamentale : entre la recherche de l'harmonie et l'impératif de l'authenticité. La Balance veut la paix, la diplomatie, l'équilibre. Le Bélier exige la vérité, même quand elle dérange, même quand elle brise ce qui semblait tenir. Cette lunation est chargée d'une intensité qui reflète parfaitement les temps que nous vivons.
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CHIRON ET ÉRIS
Chiron et Éris conjoints en Bélier, aux côtés de la Pleine Lune, incarnent le cri des blessés qui refusent d'être réduits au silence. Pour comprendre la puissance de cette conjonction, il faut revenir aux mythes qui les ont façonnés.
CHIRON
Chiron n'était pas un centaure ordinaire. Fils du Titan Cronos et de la nymphe Philyra, il était immortel, sage, guérisseur et professeur des plus grands héros grecs. Mais lors d'une bataille, il fut accidentellement blessé par une flèche empoisonnée d'Héraclès : une flèche trempée dans le sang de l'Hydre, incurable.
Voici le paradoxe de Chiron : immortel mais blessé, guérisseur incapable de se guérir lui-même, portant une souffrance qui ne peut ni guérir ni le tuer. Il incarne la blessure qui nous définit, celle dont nous ne pouvons nous débarrasser mais que nous pouvons apprendre à transformer. C'est la blessure intergénérationnelle, le trauma qui se transmet de parent à enfant. C'est la mémoire collective de la violence, des génocides, des déplacements forcés.
ÉRIS
Éris, déesse de la discorde, fut exclue du banquet de mariage de Pélée et Thétis. Les dieux avaient invité tout l’Olympe - sauf elle. Furieuse de cette exclusion, elle lança au milieu du banquet une pomme d'or portant l'inscription « À la plus belle ». Ce geste apparemment simple déclencha une rivalité entre Héra, Athéna et Aphrodite qui mena directement à la guerre de Troie.
Le mythe d'Éris nous enseigne quelque chose de profond : ce que nous excluons, ce que nous refusons de reconnaître, ce que nous marginalisons revient toujours, et souvent de manière destructrice. Éris n'est pas le problème ; l'exclusion est le problème.
Elle représente tous ceux qu'on a voulu faire disparaître. Les peuples dont on nie l'existence même. Les voix qu'on refuse d'entendre. La femme qui ose dire « non » et qu'on traite d'hystérique. Le peuple qu'on occupe et qu'on appelle terroriste quand il résiste.
Éris dit : « Vous avez voulu m'effacer ? Je vais tout faire exploser. » Ce n'est pas de la méchanceté, c'est la conséquence naturelle de l'exclusion systémique. Quand on nie l'humanité de quelqu'un assez longtemps, quand on refuse de le voir, quand on l'exclut du banquet de l'humanité, on crée les conditions de la révolte.
LA CONJONCTION : LA BLESSURE QUI REFUSE D’ÊTRE NIÉE
Chiron et Éris ensemble nous disent : la blessure existe, elle est réelle, elle ne peut être ignorée, et ceux qui la portent refusent désormais d'être exclus de la conversation sur leur propre souffrance.
Cette conjonction en Bélier - le signe du guerrier, de l'affirmation, du courage brut - donne à la blessure une voix de feu. Elle demande : “Combien de temps allez-vous ignorer la blessure ? Combien de temps allez-vous rationaliser la violence ? Combien de temps allez-vous nous exclure du banquet tout en vous demandant pourquoi nous sommes en colère ?”
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VÉNUS AU NŒUD SUD : LE PIÈGE DE L’ATTACHEMENT TOXIQUE
Vénus conjointe au Nœud Sud révèle un des aspects les plus insidieux de l'emprise : nous restons attachés à ce qui nous détruit. Le Nœud Sud représente ce dont nous devons nous libérer, les schémas karmiques qui nous maintiennent prisonniers.
Avec Vénus ici, nous voyons comment l'amour, ou ce que nous prenons pour de l'amour, devient l'outil de notre propre oppression. La victime d'un pervers narcissique reste parce qu'elle se souvient des moments où il était charmant, parce qu'elle espère qu'il redeviendra celui qu'il prétendait être au début. Elle reste par peur de la solitude, par les miettes d'affection qui lui font croire que peut-être, cette fois, ce sera différent.
De même, dans les dynamiques géopolitiques, nous voyons comment les relations de dépendance (économique, militaire, diplomatique) maintiennent des structures oppressives en place. Comment la « paix » devient un mot-code pour « acceptez votre subordination ». Comment les appels à la « compréhension mutuelle » demandent toujours à l'opprimé de comprendre l'oppresseur, jamais l'inverse.
Cette Pleine Lune nous demande de faire le deuil de ce qui doit être libéré. Le deuil de la relation que nous pensions avoir. Le deuil de la paix qui n'en était pas une. Le deuil de l'illusion que tout peut s'arranger si seulement nous nous adaptons davantage, si nous nous faisons plus petits, si nous acceptons un peu plus.
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MARS EN SCORPION CONJOINT À LILITH
Mars, le maître de cette Pleine Lune en Bélier, se trouve en Scorpion, conjoint à la Lune Noire Lilith. Pour saisir toute la puissance explosive de cette configuration, il faut comprendre qui est vraiment Lilith.
LILITH : LA PREMIÈRE FEMME EFFACÉE
Selon les textes apocryphes et la tradition kabbalistique, Lilith fut la première femme d'Adam, créée en même temps que lui, de la même terre. Contrairement à Ève, qui fut créée à partir d'une côte d'Adam pour être sa compagne soumise, Lilith était son égale.
Le mythe raconte que, lorsqu'Adam voulut s'imposer à elle, Lilith refusa la position du missionnaire, disant : « Pourquoi devrais-je me coucher en dessous de toi ? Je suis également faite de terre, nous sommes égaux. » Adam insista. Lilith prononça alors le nom ineffable de Dieu, s'envola d'Éden et refusa de revenir malgré les supplications.
Dieu envoya trois anges pour la ramener. Ils la trouvèrent près de la Mer Rouge, dans un lieu associé aux démons. Elle refusa de revenir. Les anges la menacèrent : si elle ne revenait pas, cent de ses enfants-démons mourraient chaque jour. Lilith répondit qu'elle préférait cela plutôt que de se soumettre.
Dans la tradition patriarcale qui suivit, Lilith fut transformée en démone, en tueuse d'enfants, en séductrice dangereuse. Tout ce qui en elle représentait l'autonomie féminine, le désir sexuel féminin, le refus de la soumission fut diabolisé. Elle devint le monstre qu'on raconte aux enfants pour leur faire peur.
Mais voici la vérité que le mythe révèle malgré lui : Lilith a choisi l'exil plutôt que la soumission. Elle a choisi de perdre ses enfants plutôt que de perdre sa dignité. Elle a choisi d'être diabolisée plutôt que domestiquée.
MARS EN SCORPION
Mars en Scorpion est le guerrier qui se transforme dans les ténèbres, qui meurt et renaît, qui comprend que la vraie bataille se livre dans les profondeurs de la psyché.
En mythologie, c'est Hadès qui enlève Perséphone, mais c'est aussi le lieu où Perséphone devient reine, où elle découvre son propre pouvoir dans les ombres. Mars en Scorpion est cette descente nécessaire aux enfers, cette confrontation avec ce qui a été réprimé, enfoui, nié.
LA CONJONCTION MARS–LILITH
Quand Mars rencontre Lilith en Scorpion, c'est l'explosion de tout ce qui a été réprimé. C'est la rage sexuelle qui refuse d'être contrôlée. C'est la femme qui cesse de sourire poliment quand on la harcèle. C'est le colonisé qui prend les armes après des décennies de résistance pacifique ignorée. C'est le moment où le refoulé revient - et il revient avec violence.
Cette position dit : « Vous m'avez traitée de démone pour avoir voulu mon égalité ? Très bien. Je serai votre démone. Vous m'avez diabolisée pour avoir refusé de me soumettre ? Alors je deviens ce que vous craignez le plus. »
C'est le refus d'être Ève, docile, soumise, reconnaissante des miettes. C'est le choix de devenir Lilith, effrayante, insoumise, libre ou morte.
Dans une relation narcissique, c'est le moment où la victime comprend qu'elle a été punie précisément pour ce qui faisait sa force. Qu'on l'a traitée de « folle », d'« hystérique », de « trop intense » parce qu'elle refusait d'être diminuée. C'est le moment où elle comprend que sa rage n'est pas le problème, que sa rage est l'information qui lui dit qu'elle mérite mieux.
LE CHOIX DE LILITH
Mars conjoint Lilith nous place devant le même choix que Lilith : préférez-vous être aimée ou libre ? Préférez-vous la paix du cimetière ou la guerre pour votre dignité ? Préférez-vous être Ève, acceptée mais diminuée, ou Lilith, diabolisée mais souveraine ?
Cette configuration ne promet pas que le chemin de la liberté sera facile. Elle promet qu'il sera authentique. Elle promet que vous vous appartiendrez. Elle promet que vous ne vous réveillerez plus en vous demandant qui vous êtes devenue, parce que vous serez restée fidèle à vous-même, quoi qu'il en coûte.
Le pouvoir de Lilith n'est pas dans la domination. Il est dans le refus d'être dominée. C'est le « non » radical qui préserve l'âme. C'est le départ qui sauve la vie. C'est la rage sacrée qui refuse de sourire pendant qu'on l'étouffe.
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LE YOD DE MERCURE : DIRE LA VÉRITÉ DEVIENT INÉVITABLE
Une formation Yod quasi-exacte pointe vers Mercure à 0 degré Scorpion, avec Uranus en Gémeaux sextile Neptune en Bélier formant la base. C'est un « doigt du destin » qui exige que la vérité soit dite. Pour comprendre l'urgence de cette configuration, regardons les dieux qui l'incarnent.
Mercure : Le psychopompe et le messager
Mercure, dans sa forme grecque d’Hermès, était le seul dieu capable de franchir sans entrave tous les mondes : l’Olympe des dieux, la terre des mortels, et les profondeurs des Enfers. Psychopompe, il guidait les âmes à travers le passage invisible, du souffle à l’au-delà. Mais il était aussi le protecteur des voyageurs, des voleurs, du commerce - et surtout, le maître du verbe, du message, du sens.
Hermès portait la parole des dieux, mais il gardait aussi les secrets enfouis. Rusé, parfois trompeur, toujours liminal, il se tenait entre le mensonge et la révélation, au seuil où la vérité doit se frayer un chemin.
À 0° du Scorpion, Mercure se fait exorciste : il manie le scalpel de la parole pour inciser les mensonges enkystés dans la chair du monde. Il sépare le vrai du faux, ouvre la plaie pour que la lumière y pénètre et que la cicatrice devienne mémoire plutôt que prison.
Tel le serpent en mue, il se défait des vieilles peaux du récit,
laissant la vérité brute respirer à nouveau, nue, vibrante, régénérée
URANUS
Uranus était le premier dieu du ciel, époux de Gaïa (la Terre). Mais il était aussi un père terrible qui emprisonnait ses enfants dans le ventre de leur mère, refusant de les laisser naître. Gaïa, souffrant, donna une faucille à son plus jeune fils, Cronos, qui castra son père et libéra ainsi ses frères et sœurs.
Uranus représente l'ordre patriarcal rigide qui doit être renversé pour que la vie continue. En Gémeaux, signe de la communication et de l'information, Uranus apporte les révélations soudaines qui changent tout. C'est la preuve qui surgit. C'est le témoignage qui brise le silence. C'est la vidéo qui contredit le récit officiel.
NEPTUNE
Neptune, le Poséidon grec, régnait sur les océans, ces vastes profondeurs inconscientes où se cachent les monstres et les trésors. Il était imprévisible, capable de déchaîner des tempêtes ou d'apporter le calme. En Bélier, Neptune met de la passion spirituelle, de la vision mystique dans l'action directe.
Neptune dissout les frontières, les mensonges, les illusions. Il révèle ce qui est caché sous la surface. Mais il peut aussi créer la confusion, le brouillard, la manipulation des émotions.
LE YOD
Cette configuration en Yod crée une pression insoutenable sur Mercure. Uranus et Neptune le poussent depuis deux directions différentes, exigeant qu'il transmette un message qu'il ne peut plus garder.
Le gaslighting (qu'il soit personnel ou politique) ne peut survivre à cette configuration. Le pervers narcissique vous fait douter de votre perception : « Tu es trop sensible », « Tu exagères », « Ce n'est pas ce qui s'est passé ». L'oppresseur utilise le même langage : « Vous êtes des terroristes », « Vous provoquez », « Nous n'avons pas le choix que de nous défendre ».
Mais Mercure au sommet du Yod en Scorpion est le psychopompe qui descend aux enfers et en remonte avec la vérité des morts. C'est la voix des disparus qui ne peut plus être tue. C'est le témoignage qui surgit des décombres. C'est la mémoire qui refuse d'être effacée.
Uranus en Gémeaux apporte les révélations soudaines—les fuites, les documents, les images que personne ne devait voir. C'est WikiLeaks. C'est la vidéo filmée sur un téléphone qui contredit toute la propagande. C'est l'enregistrement qui prouve que oui, il a vraiment dit ça, non, vous n'avez pas imaginé.
Neptune en Bélier ajoute la vision spirituelle et la compassion guerrière. C'est la capacité de voir au-delà de la propagande vers la vérité essentielle. C'est l'intuition qui sait, même quand les « faits » sont manipulés. C'est la connexion empathique qui refuse de déshumaniser l'autre.
Un Yod exige toujours un ajustement. Ce n'est pas confortable. Mercure en Scorpion doit apprendre à dire ce qui ne peut être dit poliment. Il doit trouver les mots pour l'indicible. Il doit nommer ce que tout le monde voit mais que personne ne veut reconnaître.
Dans une relation narcissique, la bataille se joue en nous. Une part voit clair, une autre s’accroche encore. Puis la voix intérieure se lève : « Tu me manipules. »
« Tu me mens. » « Tu me fais douter de ma propre santé mentale. ». En les disant, nous rompons le sort. La conscience revient, et avec elle, la liberté.
Dans le contexte géopolitique, c'est le moment où on doit utiliser les mots vrais : nettoyage ethnique, apartheid, génocide. Pas les euphémismes. Pas les formulations diplomatiques. Les mots qui nomment exactement ce qui se passe.
Cette configuration exige que nous parlions. Que les victimes nomment l'abus. Que les témoins cessent leur silence complice. Que nous arrêtions de nous mentir à nous-mêmes sur ce qui est vraiment en train de se passer.
Car comme Hermès nous l'enseigne : les messages des morts doivent être transmis. Les vérités enterrées doivent remonter à la surface. Et le psychopompe ne peut refuser sa fonction : guider les âmes, transmettre les messages, révéler ce qui doit être su.
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CHARIKLO TRIGONE AU SOLEIL
À 17 degrés Verseau, Chariklo forme un trigone de soutien avec le Soleil en Balance. Dans le panthéon astrologique, Chariklo est moins connue, mais son mythe est profondément pertinent pour cette lunation.
Chariklo était une nymphe, la seule femme à avoir épousé un centaure. Elle choisit Chiron : le guérisseur blessé, le sage marginal, celui qui n'appartenait ni au monde des dieux ni à celui des humains ni à celui des centaures sauvages. Quand Chiron fut blessé par la flèche empoisonnée et condamné à une souffrance éternelle, Chariklo resta à ses côtés.
Mais voici ce qui est crucial : elle ne resta pas pour le « réparer ». Elle ne resta pas en pensant que son amour le guérirait. Elle resta en témoignant sa blessure sans essayer de la minimiser ou de la faire disparaître. Elle resta en l'accompagnant dans sa douleur sans se perdre elle-même dedans.
C'est une distinction essentielle. Chariklo n'est pas la femme qui s'oublie dans le soin de l'autre. Elle n'est pas la codépendante qui se définit par la blessure de son partenaire. Elle est celle qui peut rester présente à la souffrance d'autrui tout en maintenant ses propres limites, sa propre intégrité.
Chariklo ne nous demande pas d'accepter l'inacceptable. Elle ne nous demande pas de rester avec notre abuseur par compassion. Elle ne nous demande pas de « comprendre » l'oppresseur au point de nier notre propre souffrance.
Il y a une immense différence entre marcher aux côtés de quelqu’un qui souffre et aspire à guérir, et rester avec quelqu’un qui nous déverse sa douleur. À celles et ceux qui portent la casquette du sauveur, que ces mots tombent là où ils doivent...
Chiron voulait guérir mais ne le pouvait pas. Le pervers narcissique pourrait guérir mais ne le veut pas. L'oppresseur pourrait cesser d'opprimer mais choisit activement de continuer.
En Verseau, Chariklo nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Que d'autres ont survécu à ce que nous traversons. Que la communauté et le soutien collectif sont possibles.
Le Verseau est le signe du collectif, de la fraternité, de la vision qui dépasse l'individuel. Chariklo ici nous dit que la guérison n'est pas solitaire. Que nous avons besoin de témoins qui valident notre réalité. Que nous avons besoin d'autres survivants qui peuvent nous dire : « Oui, c'était réel. Non, tu n'as pas imaginé. Oui, tu mérites mieux. »
C'est pourquoi les mouvements de libération sont toujours collectifs. #MeToo a fonctionné parce que les femmes ont témoigné ensemble, créant une réalité partagée que personne ne pouvait plus nier. Les mouvements de solidarité avec la Palestine fonctionnent quand les gens du monde entier disent : « Nous voyons. Nous témoignons. Nous ne détournerons pas le regard. »
Le trigone de Chariklo au Soleil en Balance offre de la grâce, mais pas la grâce qui excuse. Pas la grâce qui minimise. Pas la grâce qui demande aux victimes de pardonner leurs bourreaux pour que les témoins puissent se sentir plus à l'aise.
C'est la grâce qui dit : « Je vois ta douleur. Je la reconnais. Je ne te demande pas d'être forte. Je ne te demande pas de pardonner. Je ne te demande pas de sourire pendant qu'on te détruit. Je reste témoin de ta vérité. »
C'est aussi la grâce qui permet de voir que l'oppresseur est humain - sans pour autant excuser l'oppression. De reconnaître que le pervers narcissique a probablement été blessé - sans pour autant accepter qu'il nous blesse. La compassion peut coexister avec les limites. L'empathie peut coexister avec le « non ».
Chariklo nous offre la force de regarder la vérité en face, même quand cette vérité est insoutenable, sans nous effondrer, sans nous endurcir, sans perdre notre humanité. C'est peut-être le don le plus difficile : rester tendre tout en étant intraitable sur nos limites.
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CE QUE CETTE PLEINE LUNE EXIGE DE NOUS
Voir clairement ce qui est. Arrêter de minimiser. Arrêter de rationaliser. Arrêter de vous convaincre que vous exagérez. Si votre corps se contracte en présence de quelqu'un, si votre estomac se noue, si vous vous sentez constamment sur la défensive, si vous devez surveiller chaque mot - vous savez déjà la vérité.
Nommer l'emprise. Que ce soit dans votre vie personnelle ou dans votre conscience politique. Nommer les mécanismes : le gaslighting, l'inversion des rôles, l'isolation, le cycle de la violence (explosion, lune de miel, tension montante, explosion). Nommer ce qui se passe brise déjà une partie du sort.
Honorer votre rage. Votre colère n'est pas le problème. Votre colère est l'information. Elle vous dit que vos limites ont été violées, que votre dignité a été bafouée, que quelque chose d'essentiel en vous refuse d'accepter cette situation. Mars-Lilith vous donne la permission de ressentir cette rage sans honte.
Accepter que l'oppresseur ne changera pas. Le pervers narcissique ne deviendra pas empathique. L'État oppresseur ne développera pas soudainement une conscience. Attendre qu'ils changent, c'est donner votre pouvoir. La libération ne vient pas de leur transformation, elle vient de votre départ, de votre résistance, de votre refus de continuer à participer.
Faire le deuil et partir. Vénus au Nœud Sud vous donne la permission de pleurer ce que vous pensiez avoir. De pleurer la relation que vous vouliez. De pleurer la paix qui n'a jamais vraiment existé. Et puis de partir. De couper les liens. De protéger votre vie.
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UN CHEMIN VERS LA SOUVERAINETÉ
Cette Pleine Lune ne vous offre pas le confort de l'ambiguïté. Elle ne vous permet pas de continuer à prétendre que tout va bien. Elle vous demande de choisir : continuer dans l'emprise ou vous libérer.
Le chemin de la libération n'est pas facile. Il passe par la peur de la solitude, par le deuil, par l'incertitude. Mais il mène vers la souveraineté - personnelle et collective. Il mène vers une vie où vous n'avez plus à surveiller chaque mot, à minimiser votre propre expérience, à vous faire petite pour tenir dans un espace trop étroit.
Le cosmos vous demande : Combien de temps encore allez-vous accepter l'inacceptable ? Combien de temps encore allez-vous rationnaliser votre propre oppression ?
Cette Pleine Lune éclaire le chemin vers la libération. Elle ne promet pas que ce sera facile. Mais elle promet que ce sera authentique et que ce sera vôtre.
Car chaque fois que nous choisissons la liberté plutôt qu'un asservissement, nous ouvrons une brèche dans la matrice mondiale de l’emprise.



