Pleine Lune en Lion : Ouvrir nos coeurs de Lion
- Heather Louise

- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Le Lion gouverne le cœur.
Nous sommes nombreux à sentir quelque chose qui serre dans la poitrine…
Cette Pleine Lune met en lumière une tension très concrète :
entre le mental qui observe, analyse, garde de la distance (Verseau),
et le cœur qui veut battre librement, rayonner, être vivant (Lion).
Nous avons tous construit une armure autour du cœur… par instinct de survie.
Elle a protégé mais parfois, ce qui nous a protégé a aussi créé un état de dissociation permanent.

I. LA BLESSURE QU'ON PORTE
Le dimanche 1er février 2026, une Pleine Lune se lève en Lion à 13°04, et le Lion gouverne le cœur anatomiquement, ce muscle qui bat depuis notre naissance sans jamais s'arrêter, qui pulse, qui accélère quand on a peur, qui se serre quand on a mal, qui se ferme quand c'est trop.
Cette Pleine Lune brille sur la blessure qu'on porte dans notre cœur, celle qu'on ne montre à personne, celle qu'on a enfouie si profondément qu'on l'oublie jusqu'à ce qu'elle se réveille à 3h du matin quand on ne peut plus la fuir.
La blessure du Lion, c'est celle d'avoir été vu et rejeté, d'avoir brillé et d'avoir été éteint, d'avoir ouvert notre cœur et d'avoir été trahi, d'avoir montré qui on était : notre joie trop bruyante, notre feu trop intense.
Alors on s'est fermé, lentement, couche par couche, souffle retenu après souffle retenu, comme un cœur qui construit une armure pour ne plus jamais avoir aussi mal.
II. L'ARMURE QUI ÉTOUFFE
Peut-on la sentir, cette armure qu'on a construite avec tant d'intelligence ?
Elle se sent comme une tension chronique dans notre poitrine, comme une respiration qui ne descend jamais complètement, comme une sensation de distance, comme si on observait notre vie de loin, comme un besoin compulsif de contrôler, comme une incapacité à pleurer, comme une fatigue qui ne part jamais parce que retenir son cœur, ça épuise.
On a appris à analyser au lieu de ressentir, à aider au lieu de demander, à donner au lieu de recevoir, à être performant au lieu d'être.
On est devenu expert dans l'art de ne jamais montrer qu'on souffre, et on pensait que c'était de la force.
Mais la vérité est que l'armure n'est pas de la force, c'est de la peur fossilisée, c'est le moment où on a décidé que notre cœur n'était plus en sécurité, que briller était dangereux, qu’être pleinement nous-mêmes était un risque qu'on ne pouvait plus prendre.
III. LE POISON QU'ON BOIT
L’astéroïde Shiva est conjoint au soleil en Verseau. Shiva a bu le poison cosmique Halahala pour sauver le monde, ce venin qui menaçait de détruire toute la création. Shiva l'a bu pour que les autres n'aient pas à souffrir, et Parvati lui a serré la gorge pour qu'il ne meure pas, le poison restant coincé, transformant sa gorge en bleu.
On vit ce mythe tous les jours.
On boit le poison des autres : leurs traumas, leurs douleurs, leurs besoins non comblés, leur tristesse, leur colère — on l'absorbe et on le porte. Et on croit que c'est notre rôle.
Mais voici la vérité : on boit le poison des autres pour ne pas avoir à sentir le nôtre, parce que tant qu'on sauve quelqu'un d'autre, on n'a pas à regarder notre propre blessure.
On boit le poison et notre cœur se ferme un peu plus à chaque gorgée.
IV. QUI NOUS GUÉRIT, NOUS ?
Cette Pleine Lune est conjointe à l'astéroïde Aesculapia — Asclépios, la figure divine de la guérison, enfant d'Apollon, celle ou celui qui pouvait guérir n'importe qui, même ressusciter les morts, et qui a été foudroyé par Zeus pour avoir dépassé les limites.
On connaît cette histoire parce qu'on la vit, on est celles et ceux qui guérissent, qui voient, qui comprennent, vers qui tout le monde vient.
On porte des dons extraordinaires et on guérit, on donne, on transmute, encore et encore, même en étant épuisés.
Mais cette Pleine Lune pose la question brutale :
Qui nous guérit, nous ?
V. LA CONFRONTATION
Cette Pleine Lune en Lion se lève face à six planètes en Verseau qui disent : "Intellectualisez, analysez, détachez-vous, pensez au collectif, restez rationnels."
Et la Lune hurle : "SENTEZ, RESSENTEZ, VOTRE CŒUR SOUFFRE, ARRÊTEZ DE FUIR DANS VOTRE TÊTE."
C'est le conflit qu'on vit dans notre système nerveux.
D'un côté : notre mental qui veut comprendre, analyser, trouver la solution.
De l'autre : notre cœur qui pleure et dit "je ne peux plus porter tout ça".
Et cette Pleine Lune ne nous laisse pas fuir : elle nous force à descendre, à sentir, à toucher ce qu'on évite.
VI. LA FISSURE
Cette Pleine Lune nous demande juste de sentir.
Posons notre main sur notre cœur, respirons, et demandons-nous avec notre corps :
Quelle est la blessure qu'on ne veut pas toucher ?
Quelle douleur évite-t-on en sauvant tout le monde sauf nous ?
Quelle partie de nous pleure en silence pendant qu'on sourit aux autres ?
Si on pouvait la sentir, vraiment, quelle forme aurait-elle ?
Une boule dans notre gorge ? Une pression dans notre poitrine ? Une envie de pleurer qu'on retient depuis trop longtemps ?
Et ça, c'est essentiel : une armure ne s'ouvre pas parce qu'on la force de l'extérieur. C'est de la violence.
Il est vrai que souvent, plus l'armure est épaisse, plus elle finit par rencontrer des forces qui tentent de la fissurer… Mais quand on tape sur la coquille, l'oiseau meurt.
Le cœur s'ouvre de l'intérieur, quand la vie en dessous devient plus forte que la protection. Comme une graine qui fissure la terre. Pas contre elle… à travers elle.
Le cœur n'a jamais cessé de battre sous les couches. La force vitale n'a jamais disparu.
Cette Pleine Lune ne vient pas rouvrir une blessure. Elle rappelle la force qui s'y cache derrière.
On ouvre grand la mâchoire.
On laisse venir un bâillement.
On visualise le mouvement qui descend jusque dans le diaphragme.
Le thorax se relâche.
Le cœur peut respirer...
ÉPILOGUE — LE LION BLANC
Cette Pleine Lune tombe le 1er février, jour d'Imbolc — la fête de Brigid, la forgeronne, dont la couleur est le blanc.
Le blanc du feu le plus intense, celui qui brûle si fort qu'il devient lumineux — le feu blanc qui transforme vraiment.
Il existe une légende africaine des lions blancs de Timbavati — "le lieu où quelque chose de sacré est descendu du ciel" — ces lions rares sont nés blancs, lumineux, visibles, vulnérables parce qu'ils ne peuvent plus se cacher. Certains récits disent qu’ils apparaissent aux moments clés de l’évolution, annonçant un changement profond.
Cette prophétie vit à l’intérieur de nos corps.
Et tout changement commence quand on a le courage d’aller fissurer l’armure et ouvrir notre cœur de lion.




