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Pleine Lune en Balance : la croix des ancêtres

  • Photo du rédacteur: Heather Louise
    Heather Louise
  • il y a 15 heures
  • 7 min de lecture

Sous cette lune en Balance, qui pèse ce qui fut donné et ce qui doit être rendu, ce ne sont pas les dieux de l’Olympe qui répondent à l’appel. Ce sont des voix antérieures. Antérieures au patriarcat. Antérieures à la mémoire écrite. Elles viennent de loin, des bords de la ceinture de Kuiper, comme si elles avaient attendu, en silence, que nous devenions enfin capables d’entendre.


Crépuscule sur Rapa Nui, l’île de Pâques — photo : Armand McKenzie
Crépuscule sur Rapa Nui, l’île de Pâques — photo : Armand McKenzie

LA GRANDE CROIX CARDINALE DES ANCÊTRES

Quatre points cardinaux. Quatre déités qui ne figurent dans aucun manuel d'astrologie classique. Quatre mémoires collectives que le monde occidental avait effacé.


La Lune à 12° Balance conjoint Makémakë, le dieu-oiseau créateur de Rapa Nui (île de Pâques)


Le Soleil à 12° Bélier conjoint Salacia, la reine des profondeurs qui choisit son trône


Quaoar à 12° Capricorne l'esprit créateur des Tongva, qui danse et chante le monde à l'existence


Arachne à 15° Capricorne, la tisseuse dont l’œuvre surpassa celle des dieux en opposition exacte à Jupiter/Sirius à 15° Cancer


Quatre voix aux quatre coins du monde...

Dans une toile que nous sommes en train de réapprendre à tisser.


MAKÉMAKË : L’HOMME-OISEAU QUI PORTA L’ŒUF DU MONDE

Dans la mythologie de Rapa Nui, Makémakë est le dieu principal de l'île, créateur de l'humanité, représenté avec un corps d'homme et une tête d'oiseau. Il arriva sur l'îlot Motu Nui et apporta un œuf dont naquit la vie humaine.


À une époque où l'Occident n'existait pas encore comme concept, un peuple isolé au milieu du Pacifique transmettait oralement que la vie naît du chaos, la création est un acte sacré, et l'oiseau est le passeur entre les mondes.


En Balance, signe de la relation, de ce qui doit être donné pour que quelque chose de nouveau puisse naître, Makémakë conjoint la Lune nous dit : que sommes-nous en train de faire éclore, et pour qui ?


SALACIA : LA REINE DES EAUX SALÉES

Salacia était la déesse romaine de l'eau salée, gouvernant les profondeurs de l'océan. Lorsque Neptune voulut l'épouser, elle prit peur de ce prétendant trop puissant et disparut dans l'Atlantique pour préserver son intégrité.


Son nom dérive du latin sal, le sel. Elle représente la mer calme, qui est aussi une matrice. Une eau originelle, proche des eaux embryonnaires dans lesquelles la vie commence, un milieu salin, protecteur, où quelque chose se forme à l'abri du regard, avant de pouvoir émerger. Elle a refusé d'être possédée avant d'être véritablement vue. Ce n'est qu'après qu'un dauphin ait été la chercher qu'elle accepta de partager le trône des océans avec Neptune.


Cela fait écho au symbole sabian du 1er degré du Bélier :« Une naïade émerge de l’océan, un dauphin l’embrasse. » Saturne et Neptune s’y sont rejoints le 20 février 2026, là où la structure entre dans les eaux primordiales et s’en trouve à jamais transformée.


Conjointe au Soleil en Bélier, Salacia nous demande si nous avançons par obligation ou par choix souverain ?


QUAOAR : CELUI QUI FIT ÉMERGER LE MONDE PAR LE RYTHME

Selon la mythologie des Tongva, peuple autochtone du bassin de Los Angeles, Quaoar était attristé par le vide du commencement. Alors il commença à danser, à tourbillonner et à chanter le Chant de la Création. Le dieu du Ciel fut le premier à naître de cette mélodie, puis la déesse de la Terre. Ensemble ils créèrent le soleil, la lune, les animaux, les plantes et les humains.


Ce savoir, né sur les terres qui allaient devenir la Californie, fut presque entièrement effacé. Et pourtant le voilà, au carré de cette pleine lune, en Capricorne, signe des structures héritées, de ce qui a été bâti et de ce qui doit maintenant être défait pour que le vivant reprenne sa place.


Quaoar nous invite à sentir si ce que nous avons construit est vivant ? Ou simplement solide par peur de l’effondrement ?


ARACHNE : CELLE QUI TISSAIT MIEUX QUE LES DIEUX

Arachne n'est pas une déité pré-olympienne. Elle est grecque, mortelle et tisserande de génie. Elle fut si douée qu'elle osa défier Athéna elle-même dans un concours de tissage. Elle gagna et ce fut son crime.


Athéna, humiliée, détruisit son œuvre. Arachne, brisée, tenta de se pendre. La déesse, dans un geste ambigu entre pitié et punition supplémentaire, la transforma en araignée, condamnée à tisser pour toujours, mais sans jamais que son travail soit reconnu comme art.


Jupiter conjoint Sirius en Cancer nous relie à la mémoire des ancêtres, à la reconnaissance et à la transmission de ce qui fut grand. En face, Arachne en Capricorne nous confronte à l’autre mémoire : celle de ce que nous avons vu détruit, ou que nous avons nous-mêmes retenu, parce que c’était trop visible, trop juste, trop menaçant pour l’ordre établi.


Arachne en Capricorne nous demande de regarder là où nous avons cessé de tisser, parce que notre œuvre dérangeait plus puissant que nous ?


JUPITER CONJOINT SIRIUS EN CANCER : LA MÉMOIRE QUI NOURRIT

Face à Arachne et Quaoar, Jupiter à 15° Cancer reste en étroite conjonction avec Sirius, l'étoile du Nil, gardienne des cycles de renaissance.


Jupiter en Cancer parle d'une expansion qui passe par les racines. Non pas la croissance vers le haut, visible et immédiate, mais la croissance vers le bas, vers la terre ancestrale, vers ce que les lignées ont su et que nous avons oublié.


Sirius y ajoute une dimension cosmique. Il existe des cycles plus longs que notre vie, plus longs que la mémoire de notre famille, plus longs même que les civilisations que nous avons étudiées. Et nous en faisons en partie ; nous sommes des maillons d'une chaîne très ancienne.


LE YOD : PLUTON, SATURNE ET LE NŒUD SUD EN VIERGE

Pluton à 5° Verseau et Saturne à 5° Bélier forment un sextile : une coopération, une possibilité ouverte. Ensemble, ils dessinent un Yod, ce que l’on appelle le doigt de Dieu, dont la pointe vient trancher vers le Nœud Sud à 7° Vierge.


Le Nœud Sud en Vierge représente ce que nous avons trop fait, trop servi, trop analysé, trop corrigé. Le lieu de l’épuisement par le service.


La Vierge sait soigner, purifier et discerner, mais elle peut aussi se perdre dans le perfectionnisme, dans l’identité de celle qui répare les autres en oubliant ses propres besoins.


Pluton et Saturne pointent vers ce nœud pour nous indiquer ce dont il est temps de nous défaire.


Mercure, maître de la Vierge (donc maître symbolique de ce Nœud Sud) est en Poissons. Le mental se trouble, la pensée est noyée et la clarté devient brumeuse. La limite entre l’intuition et la confusion est poreuse.


Qui se tient autour de Mercure ?

Mercure est conjoint à Vesta, la prêtresse qui garde le feu sacré même quand tout autour d'elle est submergé. À Athéna, la sagesse stratégique, le discernement qui ne se laisse pas aveugler par l'émotion. Et surtout à Nessus.


Nessus était un centaure (mi-homme, mi-cheval) qui tenta d'enlever Déjanire, l'épouse d'Héraclès. Blessé à mort par une flèche empoisonnée, il offrit à Déjanire sa tunique imbibée de son sang, lui promettant qu'elle garderait l'amour de son mari. C'était un mensonge ! Un poison déguisé en remède. Déjanire, croyant bien faire, en revêtit Héraclès, et le tua.


Voilà l'archétype de Nessus : le poison qui circule sous les apparences du soin, de l'amour et de la protection. On le retrouve dans les dynamiques de pouvoir héritées à travers les générations, et les blessures qui refont surface précisément quand on croyait en être débarrassées.


Au niveau collectif, quels poisons vont encore refaire surface autour de nous, dans les médias, et surtout, saurons-nous les reconnaître ?


Nessus en Poissons avec Mercure nous demande quelle croyance héritée de notre lignée ou de notre culture continue d’empoisonner notre façon de penser ?


Ces voix, polynésiennes, romaines pré-olympiennes, amérindiennes et grecques, ne figurent pas dans l’astrologie classique. Elles appartiennent à des mythologies que le monde occidental a tenté d’effacer.


Si ces voix remontent aujourd’hui dans l’inconscient collectif, c’est que nous avons besoin de leur sagesse. Les structures que Pluton et Saturne sont en train de démanteler ont été construites sur leur silence. Le bâton de parole leur est à présent rendu, afin qu’elles puissent à nouveau être entendues.



MAKÉMAKË DIT

Ce que nous portons n’a jamais été censé être parfait.

Cela a été conçu pour éclore dans l’imprévisible.

Nous attendons encore le bon moment,

mais ce que nous appelons « le bon moment »

est souvent une stratégie pour ne pas être vus.

La vie demande notre participation.

Maintenant.



SALACIA DIT

Il y a en nous une part qui attend encore d’être invitée.

Qui ne s’avance que lorsqu’elle est certaine d’être accueillie.

Mais la mer ne demande pas la permission.

Elle avance, recule, revient.

Nous pouvons être simplement cela aussi.

Un mouvement.



QUAOAR DIT 

Avant toute forme, il y avait le rythme.

Avant toute structure, il y avait la vibration.

Nous cherchons encore des solutions dans la matière,

alors que tout commence dans l’invisible.

Reviens à ta propre fréquence

et la forme se manifestera.



ARACHNE DIT

Ils ont détruit la toile.

Mais elle n’a jamais été seulement la nôtre.

Nous tissons dans une trame plus vaste

que ce que nos yeux peuvent voir.

Nous sommes reliés. Nous l’avons toujours été.

Alors recommençons, avec cette question :

Quel fil sommes-nous venus tenir dans cette grande toile ?



Bonne pleine lune.

Que les voix oubliées te reconnaissent.

Et que tu te reconnaisses en elles.



Artiste inconnu (image trouvée en circulation, source non identifiée)
Artiste inconnu (image trouvée en circulation, source non identifiée)

RÉFÉRENCES

Rapa Nui et Makémakë

Métraux, Alfred. Ethnology of Easter Island. Bernice P. Bishop Museum Bulletin 160. Honolulu : Bishop Museum Press, 1940. [Réédition 1971.] — Source ethnographique de référence sur la mythologie de Rapa Nui, fruit d'un travail de terrain mené entre 1934 et 1935.

Fischer, Steven Roger. Island at the End of the World : The Turbulent History of Easter Island. Londres : Reaktion Books, 2005.

Van Tilburg, Jo Anne. Easter Island : Archaeology, Ecology and Culture. Washington D.C. : Smithsonian Institution Press, 1994.


Tongva et Quaoar

Johnston, Bernice Eastman. California's Gabrielino Indians. Los Angeles : Southwest Museum, 1962. — Première ethnographie approfondie du peuple Tongva ; première mention académique du mythe de création de Quaoar.

Falkner, David E. "Tongva Mythology" et "Quaoar." Dans The Mythology of the Night Sky, 2e éd. Springer, 2020.


Rome antique et Salacia

Smith, William. Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology. Londres : Taylor, Walton & Maberly, 1870. Article "Salacia". [Domaine public.] — Citant Varron, Sénèque, Augustin et Servius.

Gellius, Aulus. Nuits attiques, XIII.23, Ier–IIe siècle. — Premier texte latin mentionnant explicitement "Salaciam Neptuni".

Dumézil, Georges. La Religion romaine archaïque. Paris : Payot, 1966. — Analyse structuraliste de Salacia comme parèdre de Neptune.


Grèce antique et Arachne

Bolen, Jean Shinoda. Goddesses in Everywoman : A New Psychology of Women. New York : Harper & Row, 1984. — Arachne comme archétype de la créatrice punie pour l'excellence de son art.





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