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Nouvelle Lune en Bélier: Geronimo, le guerrier-chaman

Photo du rédacteur: Heather Held
Heather Held
17 avr.
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 avr.

À propos de Geronimo, du ciel en Bélier le plus explosif d’une génération, et de ce que cela révèle lorsque l’empire s’empare du crâne du chaman.


Il y avait un homme qui pouvait retenir l'aube. Les Chiricahua Apaches le connaissaient d'abord sous le nom de Goyahkla, « celui qui bâille », celui qui traînait encore aux bords d'un rêve, appartenant encore à moitié à un autre monde. Il pouvait traverser un terrain à découvert sans laisser la moindre trace, voir les mouvements de l'ennemi avant qu'ils n'arrivent, entendre le monde des esprits lui parler directement, et retenir la lumière elle-même quand son peuple avait besoin de l'obscurité pour survivre.


Chef Geronimo
Chef Geronimo

Il n'est pas né Geronimo. Il est né dans la lumière du matin, dans une famille, dans le travail ordinaire et sacré de planter des haricots, du maïs et des melons sur les terres du Nouveau-Mexique. Et puis, à l'été 1858, en rentrant d'une journée de commerce en ville, il trouva son campement détruit, sa femme Alope morte, ses trois enfants morts, sa mère morte, tués par des soldats mexicains pendant qu'il était absent. Il se retrouva dans les ruines et le silence assourdissant de tout ce qu'il avait aimé et qui à présent avait été anéanti.


C'est dans ce silence que Geronimo est né. Le deuil l'a ouvert au point où la Médecine l'a traversé, une voix du monde des esprits qui lui promettait qu'il ne serait jamais tué par les armes de ses ennemis, une vision de son propre chemin, une certitude que la blessure elle-même était l'initiation.


Il est devenu le guerrier le plus redouté du Sud-Ouest américain.

« La blessure n'est pas ce qui nous détruit. La blessure est l'instrument précis de notre devenir. »

Si je vous raconte cette histoire, c'est que le ciel du 17 avril 2026 est exceptionnel et que Geronimo en porte toute l’intensité :

Sept planètes en Bélier : Neptune 2°, Mercure 3°, Mars 5°, Saturne 7°, Éris 25°, Chiron 26°, Soleil et Lune conjoints à 27°. Mars en sextile avec Pluton à 5° Verseau. Uranus à 29° Taureau (le point de non-retour) en opposition exacte avec la Lune Noire Lilith à 27° Scorpion. Nœud Nord à 7° Poissons. Une forge. Une détonation. Un ciel qui nous exige d'être indéniablement, irrévocablement authentiques.




LE GUERRIER QUI ÉTAIT AUSSI UN MYSTIQUE

On nous a appris à séparer ces deux choses, celui qui agit et celui qui voit, le combattant et le rêveur, Mars et Neptune, comme si la souveraineté et l'abandon appartenaient à des personnes différentes, comme si le guerrier qui combat avec précision et le chaman qui traverse le monde invisible avec la même précision ne pouvaient pas habiter le même corps.


Ce ciel refuse toute séparation. Neptune à 2° Bélier, juste devant Mars à 5°, nous dit que la vision et l’épée avancent ensemble. Le rêve a une colonne vertébrale et le mystique peut agir.


Et l’ancienne hiérarchie, qui plaçait la logique au-dessus du savoir, l’institution au-dessus de la lignée, les diplômes au-dessus de la transmission vécue, est offerte au feu du Bélier, qui ne garde que ce qui est vrai.


Geronimo n’a jamais été un stratège militaire au sens ordinaire. Il était un homme-médecine, un prophète, un chaman, que le deuil avait brisé au point de l’ouvrir à quelque chose de plus vaste.


Le guerrier qu’il est devenu était indissociable de cette transmission.


Son peuple ne le suivait pas uniquement pour sa férocité, bien réelle. Ils le suivaient parce qu’il voyait au-delà de l’horizon, parce qu’il lisait le terrain autant dans le monde visible que dans l’invisible, parce que ce qui parlait à travers lui surpassait toute carte tracée par les Blancs.


Chiron, conjoint à cette Nouvelle Lune en Bélier, parle du guérisseur blessé, non pas guéri malgré la blessure, mais grâce à elle. La blessure devient la médecine.


Éris, juste derrière, est celle qui n’a pas été invitée. Elle est pourtant là,

avec le Soleil et la Lune, avec le guérisseur, le guerrier et le mystique.

La rejetée prend racine au cœur de ce commencement.




CE QUI A ÉTÉ VOLÉ

Geronimo est mort en 1909, toujours prisonnier de guerre à Fort Sill, en Oklahoma. Il avait demandé, comme il l’avait fait directement auprès de Theodore Roosevelt en 1905, à pouvoir retourner sur sa terre, et que si cela ne lui était pas accordé de son vivant, au moins après sa mort. Mais il a été enterré sous une simple croix de bois, dans le cimetière apache de Fort Sill.


Puis, au printemps 1918, des diplômés de l'université de Yale, stationnés à Fort Sill en tant qu'officiers de l’armée, se sont glissés dans le cimetière apache après la tombée de la nuit.


Ils ont ouvert sa tombe et ont pris son crâne, plusieurs os, le licol de son cheval, et ont transporté ces restes jusqu’à New Haven, dans le Connecticut, au siège de la société secrète la plus puissante d’Amérique. Une société dont les membres comptent deux présidents nommés Bush, John Kerry, William Howard Taft, les fondateurs de Morgan Stanley et du magazine Time, et plusieurs directeurs de la CIA.


Cette société, c’est la Skull and Bones.


Une fraternité dont les rituels d’initiation consistent, entre autres, à s’allonger dans des cercueils, confesser des secrets intimes et embrasser des crânes humains dans l’obscurité. Une fraternité dont les membres prêtent des serments de secret à vie et rivalisent dans une pratique appelée le crooking, c'est-à-dire voler des objets sacrés, plus ils sont puissants, mieux c’est, pour les exposer comme trophées.


Une fraternité dont le siège porte, sans ironie apparente, le nom de Tomb, le Tombeau.

« Ils ont mis le crâne du chaman dans une vitrine en verre à l'entrée du Tombeau, et ils ont fait passer les futurs architectes de l'empire américain devant lui. »

Une lettre découverte dans les archives de Yale en 2005, écrite en 1918 par un Bonesman à un autre, relate le vol dans des termes qui n’ont jamais été sérieusement contestés : « Le crâne du digne Geronimo le Terrible, exhumé de sa tombe à Fort Sill… est désormais en sécurité à l’intérieur du Tombeau. »


Un siècle plus tard, vingt de ses descendants ont engagé une procédure fédérale, visant Skull and Bones, l’université de Yale et plusieurs représentants de l’État, pour exiger le retour des restes de leur ancêtre. Harlyn Geronimo a déclaré :« Nous sommes sérieux. Nous sommes fatigués d’attendre. Nous venons les chercher. »


La procédure a échoué et les restes n’ont jamais été restitués.

Le mystère, comme l’homme, demeure entier.


Prenons un moment pour réaliser l'ampleur de ce vol, car il ne s’agit pas d’une simple curiosité historique. C’est le mythe central de cette Nouvelle Lune. Ils ont pris le crâne de Geronimo parce qu’ils reconnaissaient ce qu’il portait. On ne brise pas une tombe sous le couvert de la nuit pour quelque chose d’ordinaire. On ne risque pas le scandale, comme l’un d’eux l’écrivait déjà : « six capitaines de l’armée qui volent une tombe, cela ne ferait pas bonne impression dans les journaux » pour quelque chose qui n'a aucun pouvoir.


La médecine du chaman était réelle, et ils le savaient. Et ils ont cru que posséder son crâne revenait à prendre son pouvoir. Ce n’est jamais le cas. On ne vole pas une fréquence. L’énergie volée revient toujours à sa source.



URANUS, LILITH, ET CE QUI REFUSE DE RESTER ENTERRÉ

Uranus est à 29° Taureau à cette Nouvelle Lune, le degré de l'achèvement, et il fait face à la Lune Noire Lilith à 27° Scorpion en opposition exacte à travers le ciel. Uranus traverse le Taureau depuis 2018, démantelant tout ce que nous pensions posséder : notre relation au corps, à la terre, à l'argent et à la sécurité et à l'appartenance, à l'idée qu'il y a un endroit où rester en sécurité si on se tient juste assez immobile. À 29°, il est au plus électrique et au plus insistant.


Lilith en Scorpion est le féminin sauvage dans le monde souterrain, dans les profondeurs du corps où le trauma est stocké et devient une armure, comme la mâchoire perpétuellement contractée, la hanche qui ne peut pas s'ouvrir, le souffle qui n'a pas atteint le ventre depuis des années.


Elle est la première épouse, celle qui a refusé de se soumettre, celle qui a été chassée pour avoir insisté sur ce qu'il y a de plus fondamental : que son corps lui appartienne. En Scorpion, elle n’adoucit pas son exil, elle ne le rend pas acceptable, elle ne cherche pas à en faire quelque chose de gracieux. Elle descend dans la terre la plus sombre, dans la matière en décomposition, dans cet endroit où ce qui a été bani finit par devenir indiscernable de la terre elle-même, jusqu’à ce que cela remonte à la surface.


Cet axe, Uranus au point de rupture dans le signe du corps et de la terre, en opposition à Lilith dans le monde souterrain du féminin, c'est le crâne de Geronimo dans une vitrine de verre.


QUELLES MÉMOIRES VIVENT DANS NOS OS ?

Avant de parler de ce qu’il y a à ensemencer lors de cette Nouvelle Lune, posons-nous une question plus ancienne que les intentions, une question qui vit sous le diaphragme, dans le plexus solaire, dans les zones verrouillées du corps. Une question que la civilisation dans laquelle nous vivons a soigneusement veillé à nous empêcher de nous poser.


Qu’est-ce qui nous a été pris, non seulement dans cette vie, mais dans la lignée, dans le long déploiement d’un système qui a décidé que le corps était honteux, la terre une ressource, le féminin dangereux, et que guérir avec ses mains et son lien à l’invisible relevait de la fraude ou de la menace ?


Ce même système a volé le crâne de Geronimo, brûlé les herbes de nos ancêtres en les nommant superstition, désacralisant l’utérus en le nommant médecine, exigé que le sacré soit certifié par les institutions qui l’ont détruit, avant de s’étonner de notre épuisement, de notre déconnexion et de cette colère que nos corps ont appris à contenir depuis des générations.

« Nous avons reçu un corps sur cette Terre pour une seule raison : être à son service. »

Cette Nouvelle Lune, avec Chiron, Éris, le Soleil et la Lune conjoints, avec Saturne en Bélier appelant notre architecture intérieure à ne répondre qu’à elle-même, avec Pluton en Verseau en sextile à Mars, rappelle que le feu que nous portons est destiné à une transformation collective.


Elle exige une rage sacrée, non pas celle réactive qui brûle tout indistinctement, mais celle qui se construit à travers les générations. Celle qui vit dans la mâchoire verrouillée, la hanche bloquée, le souffle coupé depuis l’enfance... Celle qui sait, même lorsque tout les conditionnements tentent de la recouvrir, que quelque chose a été pris. Que ce que nos corps portent n’est pas une pathologie, mais une mémoire qui vit dans nos os.


  • De quoi notre lignée a-t-elle été volée ?

  • Où est-ce encore bloqué dans nos corps ?

  • Et si notre énergie allait enfin nourrir ce que nous sommes vraiment ?



NE JAMAIS CAPITULER

Dans les dernières années de sa vie, Geronimo l’avait dit sans détour : capituler fut la plus grande erreur qu’il ait jamais commise. Il l’avait dit en tant que prisonnier de guerre, exposé dans des foires et des défilés comme un trophée, privé du droit de retourner sur sa terre.


Ce qu’il regrettait n’était pas la faiblesse, mais l’instant où il a cessé de faire confiance à son propre savoir, son savoir de chaman, celui qui l’avait maintenu en vie, lui et son peuple, à travers des décennies d’épreuves impossibles, et où il a remis cette autorité à autrui.


Ces temps exigent d'intégrer à la fois l'archétype du mystique et du guerrier.

Pas le guerrier sans le mystique, ce n’est que de la force sans direction.

Pas le mystique sans le guerrier, ce n’est qu’une vision sans ancrage.


Le monde a besoin de personnes initiées par le deuil, qui ont été traversés par la même médecine que Geronimo, afin que celle-ci puisse circuler à travers elles et aider l'humanité à se souvenir de qui elle est.


Son regret le plus profond fut d’avoir remis son autorité à une force incapable de le comprendre.


Durant ce portail de Nouvelle Lune, avec sept planètes dans le feu du Bélier, la question est simple :

Où consentons-nous encore à notre propre dépossession ?

Le courage n’a jamais été l’absence de la peur.

C’est avancer malgré elle.

Geronimo n’a pas attendu que la peur disparaisse,

il a avancé encore et encore.


Levons-nous dans le feu du Bélier.


Haut les coeurs !


Geronimo-Apache by Edward Curtis, 1905
Geronimo-Apache by Edward Curtis, 1905

Bibliographie complète dans l'article anglophone.

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